Le capitaine Fracasse

Le capitaine Fracasse

 

Pour la seconde année d’atelier scolaire l’adaptation du roman de Théophile Gautier était au programme. C’est Paul Vilalte et Marie-Françoise Euzet (professeur d’anglais) qui se chargeaient de cette tache.

Les acteurs seraient issus du collège de Poussan mais aussi de celui de Sète. La musique serait assurée par un prof du collège sétois : Mr Giraut. Un piano et une clarinette je crois jouaient en direct.

Fort du succès de « Picrochole » le personnel volontaire ne manquait pas. Le projet disposait également de la structure de la compagnie du strapontin (troupe d’amateur composée de beaucoup de professeurs du collège de Poussan).

J’avais été choisi pour interpréter le rôle de Blazius : il était directeur de la troupe itinérante et conteur de l’histoire.

Les répétitions se passaient encore dans la salle du réfectoire du collège de Poussan mais certains week-ends (surtout vers la fin des répétitions) étaient organisés dans l’enceinte de la « vieille école » où se trouvait le siège de la compagnie du strapontin. Les représentations se sont déroulées dans la salle de spectacle de Balaruc-les-bains (village que j’habitais).

C’est pendant ces représentations que j’ai eu mon premier trou de mémoire. Je suis rentré tellement chargé d’une émotion que celle-ci m’a fait perdre mes moyens et surtout le texte. Sur scène Benoit Palancade qui incarnait le rôle titre pleurait et Blazius devait se déplacer autour de lui tout en racontant le pourquoi de ses pleurs. Je suis donc rentré sur scène mais impossible de me souvenir de la moindre ligne de texte. Je me suis donc approché de Benoit et de dos tout en faisant mine de le consoler je lui ai dit que je ne savais plus mon texte. Il m’a soufflé les premiers mots et ma mémoire s’est remise en marche. J’ai repris la fin de mon déplacement et j’ai continué à  jouer. Ni vu ni connu…La bouche sèche je suis ressorti comme si de rien était et le spectacle a repris son cours.

Je me souviens aussi que dans une des scènes qui se déroulait dans une auberge il y avait un lanceur de couteau qui faisait son numéro. L’acteur lançait un couteau, il y avait une coupure de lumière et celui-ci se retrouvait planté près de la tête de sa partenaire (une personne des coulisses plaçait le couteau pendant le noir). Mais un jour il n’y a pas eu de noir…Et la main de la personne de la technique est apparue à tous les spectateurs déclenchant un grand éclat de rire. La  consigne de ne plus faire ce geste avait été donnée à l’éclairagiste mais pas à la technicienne plateau.

Une fois les 2 ou 3 représentations terminées j’ai eu un énorme choc émotionnel à la dernière : une fois les saluts effectués je suis monté aux étages où une pièce nous servait de loge. Je me suis déshabillé pour ôter mon costume et lorsque je suis redescendu sur le plateau pour saluer le public le décor avait été enlevé ! Quelques instants avant j’étais encore sous le feu des projecteurs et là je n’étais plus qu’un ados qui comprenait que plus jamais il ne jouerai ce spectacle là. Le caractère éphémère de l’art de la scène m’a sauté à la gueule !

 

 

MICKAËL VIGUIER

(01/12/2008)

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