Le timide et la fausse servante

Le timide et la fausse servante

 

Nous voici en 1991. Avec la même équipe d’adultes et d’adolescents il était question de monter une adaptation d’une pièce d’Oliver Goldsmith. C’est je crois Marie-Françoise Euzet qui s’était chargé de la traduction et de l’adaptation avec Paul Vilalte. Et me voici donc reprenant le chemin de « la vieille école » de Poussan pour cette fois-ci jouer un lord anglais : Mr Hardcastle. Mon épouse était la fille d’une professeure d’anglais du collège.

 

C’est à l’occasion de ce spectacle que j’ai du faire ma première improvisation sur scène. Un des acteurs de la pièce qui interprétait le rôle du père de ma future belle-fille jouait aussi celui d’un valet. Il devait donc changer de costume et le jour de la « générale » à la M.J.C. de Poussan (la représentation a été filmée) il est resté coincé dans les loges.

Lui et moi devions entrer et la conversation était prise en cours de route. La scène avant la nôtre se termine et voyant que le plateau serait vide et sans action si je ne rentrais pas, j’y suis allé. Me voilà donc sur scène face au public sans avoir rien préparé. Mais curieusement je n’ai pas ressenti de panique. J’ai pris un verre qui se trouvait sur la table, je me suis accoudé au décor qui représentait une cheminée et je me suis mis à raconter au public ce qui s’était passé en off mais toujours en restant dans l’histoire. Je veux dire par là que lorsqu’un personnage sort de scène sa vie continue en dehors du lieu représenté sur le plateau et bien là c’est ce qui m’est passé par la tête et que j’ai raconté.

 J’entendais l’agitation en coulisse et lorsque au bout de quelques secondes (une vingtaine environ ?) mon partenaire est entré, je ne sais comment mais je suis arrivé à retomber exactement au début de la scène que nous devions jouer. Le spectacle a donc repris son cours normal.

 

Parmi les acteurs qui jouaient mes serviteurs il y avait Pierre Simon. Il devait apporter un saladier de punch à un moment donné du spectacle. Mon personnage le lui demandait et il devait revenir quelques instants après avec. La scène de la demande se déroule, il sort et quelques secondes se passent avant de nous apercevoir après avoir entendu un bruit de chute en coulisse que la moquette qui servait de décor commençait à devenir plus sombre comme si elle se faisait imbiber de liquide. Puis Pierre entre sur scène, avec dans le récipient l’équivalent d’un verre de punch : il avait renversé le saladier et le liquide, du fait de la pente du plateau, se répandait sous la moquette et la mouillait  par en-dessous.

Gaston Lagaff’ (c’est comme ça que nous l’appelions) c’était aussi illustré lorsque nous avons joué à Pépieux (dans l’Aude) en plein air tout près de l’église. Nous avions voulu recréer une sorte de « boîte noire » pour délimiter l’espace de jeu et pour ce faire nous avions recouvert les voitures d’un rideau noir. Les sorties latérales n’existaient donc pas et nous devions contourner les véhicules de chaque côté pour sortir de scène. Durant les répétitions le metteur-en-scène avait bien insisté sur ce fait. Le spectacle se déroule mais voilà-t-il pas qu’à un moment donné du spectacle Pierre amorce une sortie et va se prendre franchement la voiture recouverte du rideau. Les rires des spectateurs l’ont accompagné lorsqu’après avoir été sonné il a compris sa méprise et a entrepris de contourner le véhicule.

Un élément du décor représentant un guéridon avait été réparé par Marcel Bonfils (un des maris d’une des professeures qui nous accompagnaient et qui faisait office de technicien) et il avait là aussi insisté sur le fait que la réparation était un peu précaire et que seul de petits objets devaient y être posés dessus. Nous répétons et une séance de notes a lieu sur le plateau. On discute de ce qui va et ne va pas et voilà notre Pierre qui s’assied directement sur le guéridon. Patatras Marcel a du le réparer à nouveau.

Nous avions tenté une expérience sur lui. Je jure que ce que j’écris et rigoureusement exact. Nous avons fait entrer Pierre dans une salle où était disposé une dizaine de chaises dont une seule était cassée. Nous lui avons demandé de s’asseoir et oui…il a choisi la seule chaise défectueuse !

 

C’est à l’occasion de ce spectacle que j’ai joué devant 3 personnes. Je crois me souvenir que c’était à Lodève. Nous étions plus sur scène que ce qu’il y avait de public dans la salle. La concentration n’était pas tout à fait là pour certaines et un fou rire entre Anne et Claire (2 des actrices) a eu lieu au milieu d’une scène.

 

MICKAËL VIGUIER

(25/03/2009)

 

Affiche du spectacle

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